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Mardi 31 juillet 2007

A vrai dire, la genèse de cet article remonte déjà à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Je l'avais déjà évoqué vaguement, j'ai pris le temps de mûrir la décision, d'en déterminer les motivations, le moment.


Et cela fait plusieurs semaines que j'ai commencé à l'écrire, car je ne veux rien oublier.


Parfois, les artistes expliquent qu'il vaut mieux savoir se retirer quand il en est encore temps, histoire de partir la tête haute, au sommet de la gloire, et de ne pas connaître la fameuse "traversée du désert" tant redoutée.


Pourquoi cette décision, pourquoi maintenant ?


Cet espace est né le 10 novembre 2004, à l'époque de l'explosion du phénomène blog, qui s'essouffle un peu aujourd'hui. Sans vouloir me vanter, j'en connais peu qui ont atteint une telle longévité (quelqu'un(e)s tout de même, avec lesquels nous nous suivons depuis le début de l'aventure, ils se reconnaîtront sans aucun doute). Je n'ai pas forcément bien vécu l'évolution de cette "mode". En gros, ce fût comme si A*te s'était transformé en TF*. Au début beaucoup de bloggeurs privilégiaient la qualité du contenu, aujourd'hui malheureusement une bonne partie veut juste faire de "l'audimat", au détriment du reste. C'est regrettable mais heureusement une poignée continue d'honorer les mots en faisant fi du nombre de commentaires qu'ils reçoivent.


Alors pour cet article en forme de bilan, afin de ne pas aller à l'encontre de ma ligne de conduite, je vous épargnerai les traditionnelles statistiques de visiteurs, commentaires...


A l'époque de la naissance de ce blog, j'abordais une phase de "renaissance" : un an après la grosse dépression qui m'a fait atteindre le tréfond du désespoir et m'a fait flirter avec la mort, je m'apprêtais à quitter la capitale pour entamer une nouvelle étape dans le Sud de la France. Je m'éloignais d'un passé douloureux, sans pour autant le fuir, pour mieux me guérir et me redécouvrir. En phase d'introspection, toujours en proie à de vieux démons, j'ai alors ressenti le besoin viscéral de partager mes expériences, mes pensées, mes humeurs, mes doutes, mes coups de coeur, de les coucher sur clavier pour mieux m'en imprégner, les regarder de l'extérieur, les analyser et, espérais-je alors, pour que tout ceci fasse écho en certains lecteurs qui m'aideraient à m'ouvrir les yeux et l'esprit, à envisager certaines éventualités, me conseilleraient, me rassureraient... m'aimeraient aussi.


J'étais en recherche de moi-même, je devais réapprendre à m'accepter, à m'aimer telle que je suis.


L'écriture m'apportait de réels bienfaits, me procurait énormément de plaisir, complétait la thérapie. J'ai été de plus en plus grisée par la participation active des lecteurs, toujours plus nombreux et fidèles, et par les liens très forts qui se sont créés avec quelques-uns, qui ont contribué, sans même s'en rendre compte, à me sauver la vie.


Sans vous je n'y serais peut-être pas arrivée... J'ai très vite basculé dans l'interactif en répondant à chaque commentaire, afin de rendre l'échange encore plus intime et sincèrement, je me suis beaucoup enrichie, vous m'avez souvent surprise, émue, et jamais déçue.


J'ai souvent été blessée par la lâcheté de moults commentateurs qui se retranchent derrière des pseudos bidons et intraçables pour balancer leur fiel,comme ça, gratuitement, juste en insultant, sans aucune argumentation. Ils me font pitié, incapables de supporter le bonheur d'autrui mais masochistes au point de s'en gargariser. Pathétique. C'est pourquoi j'en suis arrivée à la modération des commentaires, afin que ceux-ci soient ignorés de tous, ne méritant pas que quiconque s'y attarde. L'indifférence reste le meilleur des mépris. 


Vous avez donc suivi mes péripéties et avez pu suivre ce long travail qui a mené l'évolution de cette "renaissance", la réappropriation de la confiance en moi, le fait qu'en apprenant à m'aimer je suis parvenue tout naturellement à me faire aimer... Je suis donc parvenue au bonheur, grâce une vie simple, ensoleillée et épanouissante que je n'échangerais contre rien au monde.


Parfois je m'amuse et choisis au hasard un article très ancien, et je le relis. Je me trouve un peu fofolle, limité K*vina et je constate fièrement la maturité acquise, l'évolution flagrante dans le choix des mots, dans la façon de les poser, mais aussi dans la façon de penser... Tout pareil pour le design du site d'ailleurs, le rose un peu gnangnan et les smileys dans tous les sens ont laissé la place à un camaïeu d'orangé et à une bannière plus "femme". Quitte à paraître présomptueuse, je suis fière du chemin parcouru, à la sueur de mon front et de mes seuls efforts... et ceci ne se limite pas au blog mais à mon parcours de vie.


L'immense Serge Gai*sbourg disait que son art de l'écriture était transcendé dans les périodes de souffrance et de remise en question. Je me retrouve beaucoup dans cette vision de l'utilisation des mots comme expression naturelle d'une douleur qui ne peut s'atténuer qu'en se libérant.


Aujourd'hui je ne parviens plus à "prendre mon pied" en tenant ce blog comme auparavant, parfois même je le vis presque comme une contrainte.


Je réalise également une certaine addiction qui m'effraie, comme toute dépendance. Je passe beaucoup trop de temps à blogguer, c'est pourquoi la fermeture de ce blog impliquera également la fin de mes tournées quasi-quotidiennes chez les uns et les autres. En gros, je vais effacer tous mes favoris de la catégorie "blog" et ne commenterai plus.


Cependant cet espace restera ouvert et je continuerai de répondre à chaque commentaire que vous y laisserez....


Certes, ce sevrage sera difficile car brutal. Mais je suis entière, vous le savez, je ne fais jamais rien à moitié. Je dois libérer mon esprit pour me consacrer entièrement à mon avenir, à ma future carrière, à ma relation amoureuse, afin d'aborder au mieux cette nouvelle étape de mon existence.


Ma vie est ailleurs aujourd'hui que devant cet écran. J'ai enfin trouvé la sérénité, la paix intérieure, et aussi un homme qui partage les mêmes sentiments que moi... mais auquel je n'ai pas révélé l'existence de ce blog, comme si quelque part je souhaitais le protéger de certains pans de mon passé, comme si je refusais qu'il connaisse "Gajulie" puisque celle qu'il aime s'appelle S**drine. Je vis mal cette double personnalité aujourd'hui, je ne me reconnais plus en Gajulie, jeune femme émotionnellement fragile et instable. Je suis totalement S**drine, femme épanouie qui s'assume telle qu'elle est, qui a appris à faire de son passé une force et est devenue adepte de la "résilience".


A l'aube de cette rentrée qui me verra assumer de nouvelles fonctions professionnelles qui exigeront disponibilité et investissement personnel intenses, entre mon boulot, Mon Homme, mes amis, le sport, le sommeil et les journées qui ne durent que 24 heures, tout naturellement la place réservée aux activités liées au blog va disparaître.


Peut-être que, trop en manque d'écriture, je renaîtrai ailleurs, sous une autre forme, un autre nom... Je l'ignore encore mais cette fois, Mon Homme en sera pleinement informé et lecteur privilégié.


La boucle est bouclée, la renaissance est en passe d'être achevée alors voilà, c'est fini.


Pourquoi maintenant ??


Certains m'en voudront de prendre la poudre d'escampette en pleines vacances d'été, sournoisement, pendant qu'ils se font dorer la pilule... Depuis plusieurs mois je m'étais fixée la limite du 500ème article. C'est bête je sais, mais voilà, nous y sommes.


Vous me manquerez, c'est sûr. Certains d'entre vous ont mon mail, voire plus, n'hésitez pas à l'utiliser dès que vous le souhaitez, je serai toujours ravie d'avoir de vos nouvelles. Pour les autres, ceux qui auraient envie de savoir ce que je deviens ou juste me saluer ou bien me parler de la météo, le blog reste ouvert, l'espace "commentaires" également et donc l'onglet "contact" en bas de page actif. Cliquez, envoyez et je vous répondrai !


Grâce à ce blog j'ai échangé, juste virtuellement, avec des personnes formidables, généreuses, là encore elles se reconnaîtront. Sachez que même si nous n'avons pas franchi le cap de la dévirtualisation - après tout il ne faut jamais dire jamais - je tiens à vous exprimer mes remerciements et aussi mon amitié, j'espère ne pas perdre votre trace...


A celles et ceux que j'ai rencontrés "IRL*", je n'ai jamais été déçue, vous m'avez tous comblés de par votre bonne humeur, votre sourire, votre accueil, vos récits et je ne vous oublierai pas.


Je ne citerai qu'un nom et pas des moindres, car en plus d'être un ami précieux et un adorable agitateur,  il est tout de même le Prézident de cette blogosphère, et ce sera le mot de la fin... Pour toi mon Diabolo : ne sois pas triste chouchou, à ton retour de vacances, lorsque tu trouveras ici portes closes. Je n'ai pas voulu te prévenir de la disparition prochaine de ta Gajuju car tu aurais tenté de m'en dissuader (et je connais ton étonnant pouvoir de persuasion ;-). Tu garderas toujours une place spéciale dans mon coeur, je t'aime, tu le sais et je serai toujours là pour toi... Tu as contribué à ma réconciliation avec moi-même, je ne l'oublierai jamais.


"CE QUI NE VOUS TUE PAS VOUS REND PLUS FORT" ... C'est juste une question de temps pour vraiment s'en rendre compte !


Ne perdez jamais l'espoir ni le sourire ni la volonté... Vous êtes les seuls maîtres de votre bonheur.


C'est bizarre... Je pleure.



* In Real Life - Dans la réalité

 
 
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