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Jeudi 28 juin 2007

Ce matin je me réveille avec le moral dans les chaussettes que je n'ai pas... Pourtant j'étais chez Mon Homme, qui vient de me déposer avant d'aller au bureau.


Je commence à flipper pour l'entretien de demain et je pressens des galères au niveau des transports, j'espère que mon intuition va se planter, pour une fois. Et je mesure également tout l'espoir que je place en ce poste et tous les projets qui y sont liés. Dangereuse attitude. Comment réagirai-je si je ne suis pas l'heureuse élue ? J'ai confiance en moi mais je dois envisager toutes les éventualités. Demain je rencontre le Directeur Général de l'entreprise, celui avec lequel il me faudra composer au quotidien si je décroche la timballe. Et si le feeling ne passait pas ? Les premières impressions tiennent souvent à peu de choses et pourtant elles sont déterminantes.


Je compte les jours qui séparent Mon Homme des vacances : sept, en terme de jours ouvrés. J'aimerais pouvoir traverser cette période estivale avec l'esprit apaisé, du fait d'un poste qui m'attendrait début septembre. Si jamais la réponse est positive, nous profiterions de ces deux semaines de congés pour nous rendre sur place et chercher un appart et également pour m'enquérir d'une nouvelle voiture.


Au-delà de ces considérations matérielles encore hypothétiques, nous avons besoin lui et moi de nous retrouver. Depuis deux semaines il bosse onze heures par jour, les deux soirs par semaine que nous passons ensemble nous nous retrouvons à vingt heures et il repart au bureau dès huit heures du mat'. J'enrage devant tout ce qu'il donne et le peu qu'il reçoit. Son petit cheffaillon, lui, arrive à neuf heures et se casse à dix-sept trente en lui collant toute la pression sur ses épaules. Mais Mon Homme est doté d'une conscience professionnelle sans faille, c'est aussi ce qui nous a réunis. En attendant, entre cette masse de boulot et cette petite déprime qui a du mal à s'évacuer depuis un mois, notre vie intime est plutôt chamboulée et je ne le vis pas toujours très bien. Heureusement que nous sommes très complices et surtout que nous parlons beaucoup. Ces vacances seront donc celles des "retrouvailles", de l'amour...


Si seulement je pouvais me défouler au sport... Mais je me suis blessée au pied la semaine dernière et alors que je souffrais moins hier matin, je suis allée courir mais au bout de quarante minutes, j'ai dû m'arrêter, le pied en feu. En plus je sens que ma hanche gauche me tire aussi. Mais comme je n'ai plus de Mutuelle je vais éviter d'aller consulter et me ménager. J'ai investi dans un petit appareil de sport "maison", genre stepper, il fera l'affaire en attendant, mais tout de même cela n'équivaut pas à un bon footing.


Heureusement, Vanille se porte bien mieux. Hier matin, je l'ai conduite chez le docteur des n'animaux. Depuis mardi soir j'avais constaté une amélioration de son état général : elle était enfin sortie du placard - non non elle ne m'a pas annoncé son homosexualité - au sens propre et a passé la soirée sur le balcon et sur mes genoux. Elle a ensuite dormi sur le canapé, où je l'ai retrouvée hier matin. Par contre, elle a très vite regagné son petit coin noir jusqu'à ce que moi, fourbe traitre, l'en sorte avec un gros calin... pour ensuite la mettre dans son panier de transport qu'elle déteste. Je n'avais pas d'autre choix que de l'amadouer pour la sortir de sa tanière.


Diagnostic : un gros coup de stress, lié peut-être à un bruit qui lui aurait fait peur et l'aurait traumatisée, à un moment où j'étais absente. Ou bien encore carrément une déprime et là, difficile d'en déterminer la cause, considérant que je suis beaucoup plus présente qu'avant. La véto l'a examinée sous toutes les coutures, a coupé les touffes de poils collées et a pu constater que sous l'effet de la déprime, ne devait plus faire sa toilette. C'est un signe.


Prescription : un diffuseur de phéromones à brancher dans l'appart, afin qu'elle se réapproprie son environnement et qu'il lui redevienne un havre rassurant. Et également un léger anxyolitique à lui donner pendant deux semaines. Je refais un point avec la véto à l'issue de ce traitement et si cela ne va pas mieux, elle me donnera les coordonnées d'une véto comportementaliste basée à N*mes.


Conseil : lui réapprendre à faire sa toilette en la caressant plusieurs fois par jour avec un gant humide. De plus cela lui enlèvera les poils superflus. Pour l'instant elle n'aime pas trop mais petit à petit elle se laisse faire.


En tout cas, depuis le retour de chez le véto, elle est avec moi dans le séjour, elle dort sur le canapé, elle gambade un peu, mange la bonne pâté truffée d'anxyo.


J'ai expliqué à la véto que j'étais absente le week-end et que de ce fait je culpabilisais. Elle m'a indiqué qu'étant donné que Vanille est une angoissée et une craintive, il est préférable, pour deux jours, de la laisser dans son environnement habituel, de ne pas la bousculer.


Je suis rassurée mais je reste vigilante et attentive à la moindre rechute.


Hier après midi, j'ai vécu un enfer, convaincue d'une conspiration à mon égard, genre à la "X-Files, la tranquillité est ailleurs". Alors que je m'apprêtais à faire une petite sieste bien méritée étant donné que je m'étais levée à 6h pour aller au sport et que j'ai cavalé toute la matinée, voilà qu'un de mes voisins se met à jouer de la perceuse de façon incessante. Après Technoman qui de temps en temps m'inflige sa musique pourrie à un niveau sonore élevé, voilà Bricolman qui s'amuse en me faisant écouter plusieurs tonalités de perceuse, de la plus grave à la plus aiguë ! Enfin, au bout de plusieurs dizaines de minutes, le supplice cesse... pour laisser la place à un autre, sans doute bien pire encore : un autre voisin - à moins que finalement il ne s'agisse que d'une seule et même personne - s'injecte C*line D*on à fond, meuglant sur le générique de "Titanic". Je préfère alors protéger mes fragiles oreilles avec des boules Qu*ès, en attendant que le cauchemar s'arrête. Ce matin, à 8h38 pétantes, la perceuse a repris du service.


Mardi matin, j'ai appris que le lieu de mon entretien de demain a changé. Il ne déroulera pas à A*x mais à Mar*eille et pour faire simple, pas dans le centre mais en périphérie ! Du coup hier matin j'ai dû aller à la S*CF échanger mon billet de train et j'ai appris par la même occasion qu'un mouvement social est en cours aujourd'hui, mais de toute façon ici et à Mar*seille, sont tout le temps en grève ces fainéants. Je prie pour que tout fonctionne bien demain. Si je manque cet entretien à cause des cheminots, je crois que je serais prête à aller foutre une bombe dans leur dépôt !!


J'ai passé la soirée de mardi au téléphone avec d'anciens collègues, tout d'abord avec un délégué syndical puis avec une amie qui est également élue au CE de mon ancienne boite, et j'ai appris une nouvelle qui a fait prendre à la prédiction suivante de mon medium tout son sens :

"Entre juin et septembre mon ancienne boite va connaître de grands bouleversements au niveau de sa direction, des cadres dirigeants, "des têtes vont tomber", suite à de grandes décisions arrêtées en février dernier."


Le CE est convoqué par la Direction en réunion extraordinaire mardi prochain à Paris. Un plan de licenciement va être annoncé, il concerne cinq personnes, et pas des moindres : le directeur marketing, sa chargée de communication, le directeur des services (celui qui manage la trentaine de consultants qui installent les produits chez les clients et les forment), le contrôleur de gestion... et mon ancienne RRH !!


Le rapprochement avec l'autre filiale basée près de Toulouse se confirme et du coup, les doublons sont éliminés petit à petit, également car la situation financière de l'entreprise est catastrophique. La nouvelle leur a été annoncée lundi. Pour certains c'est plutôt un soulagement, car ils avaient envie de partir depuis un moment et ont déjà d'autres projets, reste à bien négocier financièrement. Pour d'autres en revanche, la nouvelle est tombée comme un couperet. Le contrôleur de gestion par exemple : il est jeune, à peine trente ans, a investi dans la pierre voilà trois mois, et son amie attend leur premier enfant et doit accoucher d'ici une quinzaine de jours !


Quant à mon ancienne RRH, elle m'a appelé mardi soir, elle est remontée comme une cocotte minute prête à exploser ! La Direction ne lui a proposé que trois mois de salaire pour partir, ce qu'elle trouve limite insultant et elle a raison. De plus, son mari lui aussi est en train de se faire licencier et apparemment cela se passe mal puisqu'il a pris un avocat - le même que le mien d'ailleurs ! Alors voilà, là encore, une maison à payer, deux enfants à nourrir... Ce genre de réalité me fout en rogne, ces patrons qui empochent allègrement leurs dizaines de milliers d'euros mensuels et qui n'ont aucune considération pour les situations individuelles parfois difficiles. Faut pas s'étonner qu'autant de personnes dorment dans la rue.


J'en ai profité pour évoquer avec elle la procédure que j'ai lancée auprès des Prud'hommes et elle m'a soutenu dans ma démarche, convaincue que je fais bien et qu'il faudrait faire comprendre à ces minables êtres assoiffés d'argent et de pouvoir qu'il ne s'agit pas de nous coller un chèque dans la main pour nous faire taire et accepter leurs décisions. Elle-même a déjà contacté un avocat - le même que son mari et donc que le mien - pour négocier son départ.


Je suis fort aise de ne plus me trouver dans l'entreprise, l'ambiance dans le couloir "direction" doit être délétère et j'en aurais encore chopé des palpitations !! Je suis bien heureuse également d'avoir fait le choix de me battre...


Mais pour l'instant, il ne s'agit pas de me disperser, je dois placer toute mon énergie positive dans cet entretien de demain...


NB :
à droite de l'écran, pour ceux qui comme moi, appréciaient tout particulièrement l'excellente et sans langue-de-bois émission "Arrêt sur Images" et tiennent au pluralisme et à la liberté des médias, un lien pour signer la pétition contre la suppression de cette émission.

 
 
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