... and it would be my last,
Music of the future,
The music of the past..."
Vous connaissez cette formidable chanson de John Miles ? Elle résume à elle seule mon rapport à la musique. Elle fait partie intégrante de mon existence. Elle a guidé mes pas, s'est conformée à mes états d'esprit, a souvent comblé un silence qui alors m'effrayait, me pesait...
Je vous propose alors de vous raconter l'évolution de ma culture musicale et de mes goûts. Les propos tenus ici n'engagent que moi et surtout, vous remarquerez que j'évite absolument de qualifier un artiste dont je n'apprécie pas l'oeuvre de "nul" car rien ne m'irrite davantage que de cataloguer plutôt que d'admettre que ce n'est tout simplement pas notre tasse de thé.
Enfant, je ne me souviens plus d'avoir traversé des étapes un peu abétissantes du genre Chantal Goya ou Dorothée... Remarquez je ne possède aucun souvenir avant mes 7 ans. Bon allez, j'avoue quand même, et tant pis pour mon intégrité, j'ai dansé sur Karen Chéryl et j'ai voulu lui ressembler... Oui oui, allez, j'ai pas peur, je me grille. En fait je me pliais aux écoutes de ma mère, restée calée sur les années 60-70 "yéyés" et également fan absolue de Julio Iglesias, on en rit encore parfois avec mon beau-père d'ailleurs... Et de ma grande soeur, mon ainée de cinq ans, totalement accro à U2, que je n'ai plus pu écouter pendant des années, à cause d'une grosse overdose, à Jean-Jacques Goldman - rien à voir je vous l'accorde mais tout pareil, totalement saturée. Je me souviens qu'elle adorait également A-ha et là j'avoue, j'accrochais un peu plus.
Je me rappelle nos 45 Tours achetés avec notre argent de poche que nous écoutions sur le mange-disques, c'est sûr que les plus jeunes d'entre vous qui me lisent vont me prendre pour une ancêtre !! Europe et "The final countdown", Kim Wilde et "Cambodgia", Bonnie Tyler et "Total Eclipse of the heart"... Pour certaines des trucs bien ringardos aujourd'hui, c'est vrai, je souris rien qu'en y repensant !
Mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un penchant marqué pour la musique black : funk tout d'abord, puis soul, aujourd'hui hip hop et r'n'b. Quasiment tous les membres de ma première bande de potes, ceux avec lesquels j'ai commencé à sortir en boite, celui avec lequel j'ai découvert l'amour aussi, étaient métis, ceci explique peut-être cela mais en fait, je me demande parfois si du sang black ne coule pas dans mes veines, Chéri s'est récemment posé la question d'ailleurs, envisageant que je puisse partager ses racines méditerranéennes de par ma générosité et mon abnégation (c'est lui qui l'a dit, pas moi mais ça me plait :-)...
A dix ans déjà, je vouais un culte démesuré à Prince. J'écoutais en boucle "Purple rain", "Alphabet Street", "Raspberry beret" (avec la chorégraphie en plus !) et ensuite ce qui reste à mon sens son meilleur album, "Sign o' the times" et l'inoubliable "Kiss"... Aujourd'hui rien n'a changé, même si je l'ai un peu perdu de vue au milieu des années 90, à l'époque de ses changements de noms et autres expérimentations musicales plus ou moins à mon goût.
Depuis ses trois derniers LP il est enfin revenu à ses vraies racines, une putain de funk qui dépote, sa voix a retrouvé toute la place qui est la sienne, bref il me séduit comme lors de mon plus jeune âge.
Prince Roger Nelson, petit homme d'un mètre cinquante-cinq, représente à mes yeux le plus grand génie de la musique contemporaine. Totalement autodicdacte, auteur-compositeur de folie alors qu'il ne sait ni lire ni écrire une partition, multi-instrumentiste et en particulier excellentissime guitariste, il n'a besoin ni d'une maison de disque qui l'oriente dans ses choix, ni de producteurs de renom, ni de promotion pour continuer de mener une belle carrière. Il fait son truc, dans son coin, les puristes sont toujours au rendez-vous, quoiqu'il arrive. L'un de mes plus grands rêves reste de le voir sur scène...
A presque cinquante ans, après plus de vingt-cinq ans de carrière et une trentaine d'albums, la magie opère toujours...
Il est l'auteur le plus doué de ballades qui foutent la chair de poule et les larmes aux yeux. Je vous offre "If I was your girlfriend" en écoute, mais je pense aussi à "Nothing compares to you" et "Adore"...
Je ne peux m'empêcher de me souvenir de mes années "fille de la night", celle qui se trémousse sur "Kiss" comme si elle était seule au monde, en hurlant les paroles qu'elle connait par coeur, totalement en transe, comme sous l'emprise d'une drogue.
Bref, respect éternel pour cet artiste génial...
Je suis également admirative du parcours de Madonna, indépendamment de sa personne controversée et provoc. Evidemment moins douée que Prince pour ce qui est de la composition, elle sait en revanche bien s'entourer et se placer toujours à l'avant-garde. Elle ne suit pas les modes, elle les anticipe. Cette femme assure. Lorsque j'avais quatorze-quinze ans, à l'époque de "True Blue" et de son bref mariage tapageur avec Sean Penn, je collectionnais tous les articles sur elle, les découpais et les collais dans un grand cahier !! Mais comme j'en ai eu assez d'y passer tout mon maigre argent de poche, j'ai finalement vite lâché l'affaire...
Malgré cette attirance naturelle pour les sonorités black, celles auxquelles je reviens toujours, je me plais à cultiver l'éclectisme, histoire d'ouvrir mes écoutilles à d'autres plaisirs musicaux et aussi de ne pas mourir idiote !
Au lycée, je suis passée par pas mal de "phases", normal, l'adolescence reste un grand moment de solitude recherche de son soi profond. Noir Désir, Cure, La Mano Negra, Elmer Food Beat et leurs chansons bien grasses... Le premier album de Lenny Kravitz, un pur joyau. Et en 1993, premier album d'un tout jeune artiste qui me réconcilie avec la funk : Jamiroquai. Lui aussi je le suis depuis le début, le premier album, "Emergency on planet earth", reste le plus réussi selon moi... J'ai un peu relâché l'attention tout de même depuis plusieurs LP, j'adhère moi, un peu plus électro, je ne retrouve plus mes sensations d'antan, cette putain d'envie de petits pas de danse tout comme les siens !
Et puis je ne suis pas non plus contre un peu de bonne house ou d'électro, à condition qu'elle soit aboutie, raffinée ou tribale, genre "Champs Elysées" et "Africanism" de Bob Sinclar - et pas la daube commerciale qu'il fait aujourd'hui - Daft Punk bien sûr, les compils de Radio FG...
Aujourd'hui je me plais à cultiver cette diversité de goûts et d'écoute. Je prends tout autant mon pied avec Diam's, Alicia Keys, D'Angelo, Aretha Franklin, Justin Timberlake qu'avec Charlotte Gainsbourg, Robbie Williams, Anaïs, Coldplay, Oasis... Parce que je suis convaincue que la musique est capable d'ouvrir les esprits, de toucher les coeurs, d'intensifier la réflexion et surtout de procurer d'immenses sensations de plaisir et d'émotions...
Par contre, je suis totalement insensible voire totalement réfractaires aux "chanteuses hurleuses" et/ou à l'accent québecquois qui me cassent le tympan, doux euphémisme pour exprimer que je préfèrerais me faire harakiri plutôt que d'écouter un album tout entier d'une de ses artistes de variétés que je qualifie de "guimauve".
La scène féminine française regorge de chanteuses à voix douces, épurées, mais tellement touchantes... Charlotte Gainsbourg bien sûr, mais aussi Vanessa Paradis, Zazie, Olivia Ruiz et ma préférée, Axelle Red...
Ce que j'attends de la musique, c'est qu'elle me colle le frisson, qu'elle me file la patate, qu'elle me parle, m'émeuve et/ou qu'elle m'invite à bouger mon body sur le dancefloor (Jean-Claude Van Damme, sors de mon corps !)
Et en tout cas j'ai adoré partager ces goûts avec Chéri, bluffé par ma réactivité et mes connaissances à chaque fois qu'il a voulu me prendre au "quizz musical" - tout pareil que pour le "quizz géographie" de samedi soir tiens, elle en a la blonde là-dedans ! - et c'est avec plaisir que nous sommes allés de découvertes en souvenirs en fous rires en parodies originales et en danses lascives...
Et vous, parlez moi un peu de ce qui vous fait vibrer, danser, pleurer !!
"Music makes the people come together,
Music mix the bourgeoisie and the rebel"
Hier soir mes chouchous, j'avais laissé la télé tourner pendant que je bidouillais sur le PC et que je bouquinais, avec les Victoires de la Musique en fond sonore.
Globalement, la soirée en compagnie de Nagui et Drucker fût bien chiante... Show gnan-gnan, pendant lequel je me suis rendue compte à quel point je suis larguée en matière de chanson française mais bon, je ne perds pas forcément grand chose, et puis elle n'a jamais été ma tasse de thé, sauf quelques rares artistes que j'apprécie et écoute à l'occasion.
Mon nez ne s'est relevé de mes activités bloggesques (ben oui je vous ai préparé un questionnaire, j'ai pas chômé non plus !) et plus largement netiennes que lorsqu'une jeune artiste est arrivée sur scène et a commencé à interpréter une chanson drôle et fort originale... accompagnée uniquement d'une guitare et d'une pédale ouin-ouin qu'elle manipule avec le pied et grâce à laquelle elle enregistre des sonorités qui sortent uniquement de sa gorge et les repasse en fond musical tout au long du morceau. Au-delà de ses talents de musicienne et de compositeur, cette fille, originaire de Marseille, me semble donner excellement dans la comédie tant elle a "joué" son titre. J'imagine qu'en live elle est inoubliable.
Cette chanson, intitulée "Mon coeur, mon amour", aurait pu devenir mon hymne lorsque j'étais célibataire et que je ne le vivais pas très bien, par exemple lorsque je devais subir des soirées avec des amis en couple. C'est très drôle et très frais... et tellement vrai !!
Alors comme je suis une gentille fille, je vous l'offre ici, cette chanson, avec les paroles en cadeau bonus. Ecoutez-la bien en vous imprégnant des paroles, c'est très court mais fort agréable.
Désolée pour ceux qui utilisent Firefox et qui par là-même ne peuvent profiter de la musique, d'ailleurs je ne m'explique pas pourquoi, alors que cela fonctionne parfaitement sur Explorer... Faudrait que quelqu'un m'explique !!
Bref, cette jeune artiste pleine d'avenir s'appelle Anaïs... Et moi je m'en vais me "procurer" d'autres chansons pour prolonger ma découverte...
"Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur (x2)
Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrases :
"Elle est bonne ta quiche, amour"
"Mon coeur, passe moi la salade"
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table.
Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !
Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur (x2)
C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème patissière
"Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?"
"La même chose qu'y a une demie heure... "
"J't'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas... alors j'm'inquiétais... alors j't'ai rappelé... pour la douzième fois de la journée... en niquant tout mon forfait... Mais qu'est ce que tu fais mon adoré ? Ouais je sais on doit appeler... Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi... Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi... Non c'est toi... C'est toi ... Bon d'accord je te rappelle... "
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur (x2)"
Axelle Red - "Ultimate best of" : j'aime vraiment cette fille avec sa voix un peu cassée, très "funky". Bon choix de titres pour cette compil, des très connus avec "Sensualité", "A tatons", "Ce matin", et d'autres un peu moins mais tout aussi excellents, comme "Faire des mamours", jolie incitation à rester sous la couette, titre très sensuel... Et bien sûr, celui qui atteint le plus la femme que je suis, "Rester femme".
Bref, depuis le début je suis une inconditionnelle de sa musique très groovy et de sa petite voix. Et je pense le rester un bon moment !
Prince - "Musicology" : enfin, avec ce LP, je retrouve le Prince qui me fait kiffer, celui qui s'était un peu égaré ces dernières années, celui des débuts. Un album "retour aux sources" avec des sons de basse très groovy, des guitares, des cuivres. Et une touche de modernité avec des samples hip hop tout de même ! Et cette voix, qui me fait perdre la tête...
Black Eyed Peas - "Elephunk" : celui-là je l'écoute quasiment en boucle depuis sa sortie, j'ai besoin de ma dose régulièrement ! Qu'en dire ? Il rassemble tous les styles. Bien sûr il plait avant tout aux inconditionnels hip-hop Rnb, mais ils parviennent aussi à faire figurer des sons plus rocks, latinos, hindous... Bref, je trouve que pour un coup d'essai, c'est plutôt très réussi.
Et parmi les "classiques", je veux dire les albums un peu plus anciens, qui sont pour moi devenus "cultes" et qui constituent la base de ma discographie, j'en citerai un aujourd'hui...
D'Angelo - "Voodoo" : en dehors de son physique à se damner (si vous ne voyez pas qui c'est, je vous autorise à aller consulter l'album-photo de mes "ex" !), D'Angelo constitue, attention ceci est subjectif", le meilleur du RnB. Des sons très "roots", une voix qui ferait fondre la banquise, il suffit d'écouter "Untitled (how does it feel)' ou "Feel like makin' love" pour sentir la chaleur nous envahir... J'adore et je ne m'en lasserai jamais. Son premier album "Brown Sugar" est également un chef-d'oeuvre. Hélas, aucune production depuis 2000 si ce ne sont quelques featurings avec Angie Stone ou Lauryn Hill, entre autre. D'Angelo, tu me manques !! Reviens moi vite avec ta nouvelle galette !!